Depuis quelques années, la trottinette électrique s’est invitée dans le paysage urbain. Avec sa praticité et son accessibilité, elle séduit un grand nombre de salariés pour leurs trajets domicile-travail. Mais ce moyen de transport n’est pas sans risque. Son adoption massive s'accompagne d'une hausse notable des accidents. En tant que préventeur on pense rarement aux mobilités douces lorsqu’on parle de risque routier, il y a déjà beaucoup à faire avec l’usage des véhicules, elles peuvent pourtant représenter un risque important pour votre entreprise. Et vous, avez-vous bien considéré ce risque ?
La trottinette en chiffres : des risques bien réels
Les données officielles illustrent clairement la situation. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR),plus de 700 accidents graves impliquant des trottinettes ont été recensés en 2022, un chiffre en augmentation de 40 % par rapport à 2021. En 2023, 42 décès ont été liés à leur utilisation, contre 34 en 2022. Ces chiffres montrent une tendance préoccupante, notamment en termes de traumatismes graves comme les fractures ou les traumatismes crâniens.
À titre de comparaison, le vélo, bien qu'encore plus répandu, enregistre 226 décès et environ 2 000 blessés graves en 2022.Cependant, le risque par utilisateur est plus élevé en trottinette, avec un taux de gravité supérieur de 1,5 fois à celui des cyclistes (source : Sécurité routière et ONISR).
Pourquoi la trottinette est-elle plus dangereuse que le vélo ?
Les facteurs de risque associés aux trottinettes sont nombreux:
- Peu de protection individuelle : Selon l’INSERM, 70 % des traumatismes crâniens pourraient être évités avec un casque, mais moins de 15 % des usagers de trottinettes en portent un.
- Vitesse excessive : Bien que limitée à 25 km/h, cette vitesse reste élevée pour un engin instable et amplifie la gravité des collisions.
- Infractions fréquentes : 40 % des accidents sont dus à des comportements à risque, comme rouler sur les trottoirs ou ne pas respecter les priorités (source : Sécurité routière).
- Infrastructure mal adaptée : Les pistes cyclables sont souvent inadaptées à la cohabitation entre cyclistes et utilisateurs de trottinettes.
Vos obligations légales en tant qu'employeur
Le code du travail impose une obligation générale de sécurité (article L4121-1), qui s’étend aux trajets domicile-travail. En cas d’accident grave, la responsabilité de l’employeur pourrait être engagée si des mesures de prévention n’ont pas été prises. Alors, avez-vous pensé à :
- Mettre à jour votre DUERP : Si vos collaborateurs utilisent des trottinettes, ce risque doit y figurer explicitement.
- Aborder la mobilité douce lors de vos quarts d’heure sécurité : C’est l’occasion idéale pour sensibiliser vos équipes à la sécurité routière et aux équipements obligatoires.
- Informer vos salariés sur les règles : Par exemple, rappelez qu’un gilet réfléchissant est obligatoire la nuit et que les trottoirs sont interdits, sauf exceptions locales.
Comparatif : trottinette vs vélo, quel niveau de risque ?
Si le vélo est considéré comme un mode de transport plus classique, la trottinette, en pleine expansion, présente des risques pouvant être tout aussi préjudiciables :

Bien que le vélo reste plus meurtrier en volume, les risques relatifs sont significativement plus élevés pour la trottinette.
Comment analyser ces risques dans mon entreprise ?
Contrairement à l’usage d’une voiture professionnelle, il peut-être plus difficile d’identifier des données fiables lorsqu’on parle des mobilités douces. Il ne sera probablement pas possible d’analyser les amendes et les infractions reçues par vos collaborateurs, le véhicule ne vous appartenant pas.
Le questionnaire anonyme envoyé aux salariés peut être une option pour déterminer un niveau de risque, posez des questions comme :
- Utilisez-vous la trottinette pour vous rendre au travail
- Portez-vous un casque, un gilet réfléchissant ?
- Vous est-il arrivé de vous sentir en danger sur ce mode de transport ?
- Avez-vous déjà eu un accident (chute, collision…) lors de l’utilisation d’une trottinette ?
- Cet accident a-t-il engendré des dommages physiques…
- ….
Cela vous permettra d’avoir une idée sur un niveau de risque lié à ce mode de mobilité.
Sensibilisation et prévention : des actions nécessaires
La prévention est votre meilleure alliée pour réduire les accidents. Voici des idées concrètes adaptées à vos obligations légales :
- Formez vos équipes : Organisez des sessions pédagogiques sur les équipements obligatoires et les bonnes pratiques (port du casque, respect des règles).
- Proposez des aides financières : Participez à l’achat d’équipements de sécurité (casques, gilets réfléchissants).
- Adaptez vos outils : Un quart d’heure sécurité dédié à la mobilité douce peut intégrer des cas concrets et des témoignages d’utilisateurs.
La mobilité douce : un enjeu pour tous
La trottinette, comme le vélo, est un formidable outil pour réduire l’empreinte carbone des trajets domicile-travail. Mais elle impose aussi de nouvelles responsabilités pour les employeurs.
Alors, êtes-vous prêt à transformer ce risque en opportunité? Sensibilisez, formez, équipez : c’est ainsi que vous protégerez vos collaborateurs tout en respectant vos obligations légales.
Save My Road est aussi un allié de vos sensibilisation à la mobilité douce. Nous intégrons des modules dédiés à ce mode de transport pour informer et sensibiliser les collaborateurs aux risques inhérents à ces modes de déplacement et à leur prévention. Les salariés sont ainsi informés de manière ludique, tout en gagnant des récompenses pour leurs bons comportements.
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